A dos de Dieu

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Marcel Moreau

A dos de Dieu

ou l’Ordure lyrique

Un livre fou de fin du monde, ahon !

Jean-Claude Leroy Mediapart

Machine de guerre contre l’ordre et les valeurs du monde, À dos de Dieu est une épopée joyeusement désespérante, burlesque, apocalyptique, affolante, quasi carnavalesque.
«On me demande de retracer mon itinéraire, de Quintes à Discours contre les entraves. Impossible. Je suis déjà sur les pistes brouillées d’une écriture pour tout de suite. Je sais seulement qu’une petite phrase, née avec mon premier livre dans une anfractuosité du subconscient, n’a cessé depuis de grandir, de proliférer, de s’étendre par martèlements obsessionnels et fureurs paroxystiques aux autres ouvrages et jusqu’en ma vie extra-littéraire. Cette phrase, interminable, inessoufflable, a produit tantôt des pseudo-romans, tantôt d’hérétiques essais. La fiction vise à la connaissance lyrique d’une réalité des tréfonds. La non-fiction s’exténue à mettre un brin d’ordre dans cette connaissance, forcément protéiforme, disloquante et disloquée. Dans les deux cas, je vois d’œuvre en œuvre la petite phrase des origines élever de quelques degrés sa monstruosité, et toujours un peu plus prendre le contrôle de mon existence. Tel est le sens que je me limite à donner à cette aventure, soûlante et noire, ensorcelée entre toutes.»

Ce «mystique vivisecteur de mots» qu’est Marcel Moreau récidive dans l’allitération et le paroxysme (…) Dans un monde où, parallèlement aux pratiques les plus répugnantes de la raison d’Etat, se développe une asepsie qui nous masque les gênantes réalités, l’ordure est ce qui reste pour témoigner de notre appartenance viscérale à la matière.

Serge Koster, 17/10/1980 Le Monde

Nous manquons de barbares, allez, et de poètes qui aient un «supplément d’âme». Histoire de rééquilibrer un peu les choses, à présent que l’essai – comme c’est significatif – prolifère : Prêt-à-porter des doctrines. Inflation du concept. Et quand l’intellectuel n’a plus rien à dire, voilà qu’il entreprend de faire son propre procès ! Pour battre en brèche le masochisme des clercs et la délectation morose des cuistres, nous avons un urgent besoin d’écrivains de salut public. On peut compter sur Marcel Moreau. Il n’a pas attendu d’être sollicité pour formuler les termes de sa déclaration de guerre.

Pierre Martens, 14/05/1980
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Marcel Moreau Marcel Moreau

Marcel Moreau

Auteur d’une œuvre considérable, puissamment originale, Marcel Moreau est l’un des plus grands prosateurs actuels de la langue française. Il est né le 16 avril 1933 à Boussu en ...

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Ecriture du paroxysme, de la transe rythmée, enthousiasme noir forcené, dont le vertige créatif fait que le texte va jusqu’à inventer ses mots. A dos de Dieu est le poème lyrique fou d’un Lautréamont fasciné par l’horrible en nous, et trouvant son souffle inépuisable dans l’aspiration à l’anéantissement.

Bulletin critique du livre français

En littérature, Marcel Moreau appartient à la race des enragés, des forcenés, des hallucinés, des Don Quichotte. (…) anarchiste et même nihiliste, Moreau éructe en permanence.

Pan n°2111, 12/06/1985

Marcel Moreau : « J’en étais là de ma vision ordurière lorsque Beffroi se rappela à moi. Il tenait à me faire remarquer que ma traversée des ordures avait un nom, un visage, du sang, un sexe, et cela depuis le mois de mai de l’an 1968. »

Frère de Moravagine, Beffroi mêle la bête, l’effroi, l’alarme, le mouvement, le rythme.
[…] Face à Dieu, être son rival, son ennemi, dans une littérature de l’excès.