P.R.O.T.O.C.O.L.

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Stéphane Vanderhaeghe

P.R.O.T.O.C.O.L.

Un roman à l’image de l’époque qu’il interroge : complexe, réfracté, contradictoire, désespéré, absurde, humain.

Stéphane Vanderhaeghe structure une véritable épopée […] Capable de déployer une phrase puissamment multi-cellulaire (qui a tout le souffle ambigu de celle du William Gaddis de « JR »), il n’a ainsi nul besoin de forcer le trait ou de surligner au marqueur, comme trop d’auteurs contemporains moins doués que lui, ce qui dysfonctionne ici-bas, pour nous offrir l’un des romans les plus somptueusement inquiétants qui puissent être.

P.r.o.t.o.c.o.l. L’acronyme est partout dans la ville mais personne ne sait quand il est apparu. Peut-être au lendemain d’une élection dont on n’attendait plus rien. Comme pour prédire un événement. Ou annoncer une catastrophe.

Dans les rues, sous l’œil des caméras de surveillance, en attendant on s’affaire. On bosse, on fait la manche, on marchande un peu de plaisir, on pédale, on traque, on nettoie, on tabasse, on recrute, on se planque, on pointe au chômage, on fraude, on insulte, on enterre ses morts. Car oui, on meurt aussi, même parmi les rats qui grouillent et fouissent à l’affût d’un peu de chair tendre.

Dans sa mosaïque de voix, P.r.o.t.o.c.o.l. dit une colère et l’indifférence, l’impuissance et la terreur qu’elle entraîne inexorablement lorsque les marges une à une se referment.

1 Ce roman inventif, addictif et foisonnant, où l’humour est une arme de subversion puissante.

Sophie Joubert L'Humanité

2 Alliant l’exigence formelle et le pur plaisir de lecture, Stéphane Vanderhaeghe tend un miroir déformant à notre monde au bord de l’implosion.

Sophie Joubert L'Humanité
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  • 576 pages 25€
  • Collection : Made in Europe
  • févr. 2022 — 140 x 210mm
  • ISBN : 978-2-37491-243-1
Stéphane Vanderhaeghe Stéphane Vanderhaeghe

Stéphane Vanderhaeghe

Né en 1977, Stéphane Vanderhaeghe est écrivain de 6 h à 8 h du matin, du lundi au samedi. Le reste du temps il se nourrit de l’œuvre des autres, qu’il c...

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Incontestablement une réussite […] On ne peut qu’être soufflé par l’ampleur et la maîtrise de l’ensemble, la vivacité indéniable de l’écriture.

Bertrand Leclair Le Monde des livres

Quant au P.R.O.T.O.C.O.L. de celui qui, depuis Charøgnards, s’est révélé maître dans l’art de la tension dramatique et le jeu avec les codes artistiques, il nous interroge sur une société qui, bien qu’indéterminée, apparaît comme une copie exacerbée de la nôtre : comment échapper à la société de contrôle hypermoderne et à son storytelling dominant ?

Fabrice Thumerel Libr-critique

Ce roman kaléidoscopique éclaire et obscurcit en même temps, avec un sens formidable du suspens, avec un magnifique brassage des langues : orales, familières, soutenues, techniciennes, âpres, lyriques, avec une construction implacable. Vanderhaeghe a écrit un roman de révolte et de résignation, d’indignation et de critique, un roman électrique et dense, polyphonique et politique, intime et social, à lire de toute urgence si, comme moi, vous avez envie de vous prendre une grande claque.

Eric Pessan, écrivain

L’ensemble est captivant, autant par l’atmosphère singulière qui s’en dégage que par sa galerie de personnages invisibles dans la masse, et pourtant magnifiquement incarnés […] Difficile de lâcher ce roman qui ne ressemble à aucun autre.

Nicole Grundlinger Mots pour mots

On ne peut qu’être impressionné par la vision globale de cette approche systémique de notre société (intégrant la multiplicité de ses éléments) qui illustre jusque dans le langage les tensions entre la machine et l’humain. Il faut reconnaître la puissance, le souffle impulsé […] et, surtout, la pertinence de cette «explosion des possibles» de la langue pour restaurer la diversité et la singularité de l’humain.

Emmanuelle Caminade L'Or des livres

Impossible pour moi de ne pas faire le parallèle avec Les Furtifs d’Alain Damasio et de son cycle de conférences sur ce thème au titre éminemment ironique : Liberté numérique et servitude volontaire. […] Un roman étonnant, foisonnant, surprenant qui ne vous laissera pas indifférent. Le ton claque, les pensées sont brut de décoffrage au sens littéral du terme, comme si la langue permettait, justement, de se sortir du carcan, du cadre dans lequel la société est enfermée.

Horde du contrevent Babelio

Stéphane Vanderhaeghe signe une accumulation de strates de réalités, une suite de récits de personnages dont, progressivement, on pressent les liens, autant de possibilités pour affronter un monde qui furieusement ressemble aux pires projections de celui avec lequel nous composons.

Marc Velynde La Viduité

Il faut se laisser guider par l’imposant et épatant roman de Stéphane Vanderhaeghe, par sa prose dense et fouillée, par ses différentes strates d’écriture, par son exploration, à travers les pérégrinations de personnages attachants, des failles d’une société en crise.

Jacques Josse Remue.net

La ville d’après révolte, sous couvre-feu, avec un état d’urgence qui est instauré au gré des événements par un pouvoir qui surveille, identifie, resserre peu à peu son emprise sur chaque citoyen […] Un roman multi-voix, qui interroge la place que chacun de nous souhaite préserver dans les marges de la société. A découvrir.

Olivier Beugin Le Livre et la Tortue, Issy-les-Moulineaux

On admire la rencontre entre le réel et les mots, l’intelligence chaotique et fine des phrases et des voix, le mélange des genres littéraires et des supports, la mosaïque humaine décrite, les invisibles face à la fermeture des marginalités possibles, colère et impossibilité d’agir entremêlées, terreur savamment et chaleureusement distillée. Un livre superbe !

Margot Bonvallet Librairie Les Vinzelles, Volvic

Un suspense haletant, les pages se tournent pour savoir, pour comprendre, quel est ce P.R.O.T.O.C.O.L ? Livre orwellien, social, politique, d’une force incroyable, mais aussi avec des portraits touchants, ça sonne toujours juste […] Un ouvrage référence qui va laisser des traces !

Didier Devillaz Librairie des Pertuis

Dès les premières lignes, l’écriture est implacable. Rythmée, millimétrée, percutante - sans perdre en fluidité pour autant […] L’écriture est d’une exquise justesse dans les mots et jusque dans les tournures, qui épousent parfaitement les propos et émotions des personnages.

LaBiblidOnee Babelio

En s’attachant aux marges, l’auteur nous offre un grand roman politique, à la construction stupéfiante, sur les violences de notre époque.

Hugues Bodart Filigranes, Bruxelles

Foisonnant et étonnant. Eminemment politique et prenant. Très très belle découverte de cette rentrée d’hiver !

Sylvain Charpentier L'Indépendante, Saint-Gaudens

Un grand roman sombre, paranoïaque, anxiogène…tout ce que j’aime ! J’avais pas lu un truc aussi bad trippant depuis Ballard !

Gwendoline Touchard Librairie du Plateau, Chevilly-Larue

Un roman qui fait le pari que la littérature soit encore un lieu où le réel et les mots se cognent. D’une grande intelligence narrative et réflexive. P.R.O.T.O.CO.L. réussit le pari fou de nous rendre perceptible les chaos du monde, bercé par une musique tragique et crépusculaire. Ce roman, c’est Michel Foucault, un bandana sur la tête en train de siffler un air des Clash.

Antoine Jarry

Entretien (1)
P comme Politique : « J’ai tendance à entrevoir la littérature comme une sorte de contre-discours ; pas nécessairement un discours contre quelque chose, mais une façon de retourner les logiques discursives qui nous entourent. »

Antoine Jarry Cultures sauvages

Entretien (2)
R pour rat : « Je n’ai aucune passion pour les rats, ni pour les blattes ou les corbeaux, mais certains affects leur sont associés, certaines images (au sens large) et connotations, qui peuvent nourrir l’écriture et ouvrir des brèches dans le texte. »

Antoine Jarry Cultures sauvages

Entretien (3)
O pour Œuvre : « Chacun de mes textes s’est construit sur un centre absent, ou vide, un creux ou un manque. Un silence, peut-être. Un mystère. Autour duquel j’essaie de faire tournoyer la langue. »

Antoine Jarry Cultures sauvages

Entetien (4)
T comme Traduction : « La traduction littéraire est bel et bien une pratique artistique, ce qui veut dire que l’enjeu principal de la traduction est un enjeu de recréation plutôt que de duplication. »

Antoine Jarry Cultures sauvages

Entretien (5)
O pour orthographe : «J’essaie de prêter attention à la chair du langage, au corps de la langue, en me plaçant à la surface du texte, sur le plan de la lettre en quelque sorte.»

Antoine Jarry Cultures sauvages

Entretien (6)
C pour construction : « Chaque roman imposant ses propres règles, il convient de changer de lieu à chaque fois et de trouver celui qui sera le plus fonctionnel. »

Antoine Jarry Cultures sauvages

Entretien (7)
O pour oscillation : « J’aurais plutôt tendance à percevoir l’écriture comme un geste intransitif, qui se passe d’objet ou de sujet. »

Antoine Jarry Cultures sauvages

Entretien (8)
L pour Lowry : « Au fond, c’est peut-être ça, mon rapport à tous ces grands auteurs, à ces écrivains dont l’œuvre est travail, dont l’œuvre travaille – une perte. Je les traverse, ces œuvres, pour en faire la perte. »

Antoine Jarry Cultures sauvages

Une mosaïque de voix, rigoureusement, méthodiquement construite. Un texte qui m’a vraiment passionné.

Nikola Delescluse Paludes