Crevasse

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Pierre Terzian

Crevasse

Un roman qui nous plonge au cœur d’une existence tout en dérive orpheline, dans l’effarement d’un réel suant de solitude, d’abandon, de vide, d’illusoire.

Richard Blin Le Matricule des anges

Tu te sens bien dans cette chambre. Ça te ressemble, il n’y a rien d’attachant. Rien n’est précisément posé là pour rendre la vie acceptable. C’est un lieu qu’on oublie où tu disposes ton nécessaire. La table, la poignée, le papier peint, le cadre du lit, les volets horizontaux, tout est marron. C’est un fanatique des merdes de chien qui a décoré l’hôtel. Ça sent la cigarette. »

Crevasse ou la vie d’un « mis de côté » transcendée par une prose âpre et lumineuse.

Organique, moléculaire, musical, «Crevasse» ne désarme jamais et contraint la pire désillusion au chant, non pour sublimer la pâte erronée du réel, mais pour rappeler au lecteur qu’il est des éblouissements jusque dans la fracture.

Il y a une tendresse infinie dans le regard que porte l’auteur sur son personnage et cette vie si démarquée, et en apparence si déchue, se veine d’un mince et lumineux filet d’espoir. Ce pourrait n’être que sinistre, c’est bouleversant.

Bénédicte Heim livres-addict.fr
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Pierre Terzian Pierre Terzian

Pierre Terzian

Pierre Terzian est un écrivain, metteur en scène de théâtre et vidéaste français, né aux Lilas, en 1979. Il vit à Montréal. Crevasse est son premier ro...

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Une introspection ravageuse. (…) Pierre Terzian, qui est par ailleurs metteur en scène de théâtre, donne vie à un itinéraire implacable, mené tambour battant, sans le moindre temps mort.

Jacques Josse remue.net

C’est une lecture qui ne laisse pas tranquille, qui fait parfois mal au ventre tant les respirations sont rares, le rythme serré et l’absence de concessions de l’auteur qui ne nous épargne rien, de la saleté à la douleur, jusqu’à ce que parfois, le rire ou la grâce, à quelques endroits inattendus d’une vie vers le bas, viennent se loger.

Mariette Navarro

Crevasse est un roman impitoyable, et tout l’art de Pierre Terzian consiste à faire surgir de la beauté là où nous nous attendions à n’éprouver pour son personnage que la fascination de l’entomologiste pour la vermine. Sans doute, avec Les Coups ou L’Homme au marteau de Jean Meckert, l’un des romans les plus réussis sur le thème de l’échec.

Eric Bonnargent L’Anagnoste

À chaque coup encaissé, le personnage de Pierre Terzian se fait plus fort. S’il reste marginal, petit à petit, au fil des pages, il parvient à habiter vraiment sa vie. Ne trouvant d’épanouissement qu’en se frottant aux flancs des montagnes, c’est en haut des cimes qu’il décide de vivre ses derniers moments. Libre et libéré.

Elodie Corvé Politis

L’écriture est dense et exigeante. Inconditionnelle et intransigeante. Tordue, dissonante, à fleur de cri, à vif enfin la nuit, étouffante, dure, cassante. Voilà les mots qu’il m’en reste. Et si je n’ai qu’un seul reproche, il serait toujours le même qu’on se fait lorsqu’on tourne la dernière page d’une poésie à tripes apparentes: c’est trop court, jeune homme! Et pourtant, il y a tout.

Sophie Duc Mademoiselle le 6

Cette histoire est assez remarquablement menée. Son rythme est parfait – parfait, je veux dire : les temps morts n’en sont pas, et l’action n’est pas que de l’action. Le matériau brut du monde et la psyché du personnage sont pour ainsi dire une seule et même chose. Et puis, bien sûr, il y a cette écriture. Acérée, précise, vindicative, brutale mais pas seulement, plutôt à fleur de peau ; c’est le miracle sans doute de cette alchimie, assez saisissante, que de permettre à des formes poétiques de s’y loger.

Marc Villemain marcvillemain.com

Une vie de chien finit au fond d’une crevasse, nimbée d’une surprenante poésie de l’écrasement.

Et c’est sans doute ça le plus beau de ce livre, de montrer la fragilité des gens en mal d’amour et de tendresse, les pieds au bord du vide, et pour lesquels le moindre témoignage de douceur a l’intensité d’une tempête tropicale.