Sept jours pour créer le monde. Sept jours pour le défaire. Chez les Dallols, sept jours pour transporter le corps des morts au lac sacré, là où les rituels ont lieu.
Tirant la dépouille de sa grand-mère sur un traîneau, Sam se met donc en route, mais très vite la situation lui échappe. Un grand incendie a réduit la forêt en cendres. Le voyage de deuil prend alors des accents initiatiques, en la confrontant, lors de son errance, à sa solitude et à ceux qui restent.
« Je me suis demandé pourquoi je n’avais pas eu la force de refuser, de fuir, d’oublier qu’il y avait là, tissé dans l’étoffe, surgissant de la soie, ton corps vidé de son air. »
Un conte quasiment voltairien L’écriture poétique de Valérie Cibot embraye dès les premières pages, elle transcende le ressenti de son héroïne […] On pourrait s’amuser à repérer dans Son ciel de cendres les multiples messages et métaphores, la mort de la grand-mère versus la destruction du monde et l’extinction de la tradition, l’écart village et ville, etc. Mais le roman sème ses poursuivants et, s’il emprunte plusieurs voies, son humour repousse les vautours.
Valérie Cibot cisèle un texte à la beauté singulière et métaphorique, aux confins du vivant, du sacré. Un voyage initiatique comme une coulée de lave dans un tapis de verdure où l’écriture chemine lentement, creuse, sonde et tisse ce qui nous relie au monde dans une langue poreuse et tellurique, où les sensations, les traces affleurent et flottent au plus près du vide, sur un fil tendu de poésie. Une infusion lente où l’intime et le politique s’entrelacent comme une bulle d’air pleine de questions qui remonte à la surface.