Le Bord du ciel

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Maïca Sanconie

Le Bord du ciel

Chaque page est une miniature parfaite, une œuvre d’art à part entière, un chef-d’œuvre d’émotion contenue, de beauté infiniment subtile et ciselée.

Bénédicte Heim livres-addict.fr

« Dans ce monde ouaté, je n’entends pas même le bruit de mon propre cœur. J’ouvre les yeux comme j’ouvrirais la bouche une fois hors de l’eau, les poumons prêts à éclater. »
Corrèze, 1942. Au Pont de Brach, Jankiel dispose d’un piano droit dans la ferme de ses beaux-parents chez qui il s’est réfugié. Il vit la solitude de sa condition de concertiste et d’étranger persécuté. Son univers est réduit au paysage qui l’entoure, à sa femme Louise et à la découverte de Lucie, sa fille tout juste née…
De cet homme exilé, Le Bord du ciel révèle, dans une langue vibrante et soyeuse, le foisonnement des perceptions et sa lutte pour renaître au monde.

Entre le silence de l’exil et le vacarme de la guerre, en 1942, Jankiel, juif polonais, se réfugie avec sa femme Louise dans le ferme corrézienne de ses beaux-parents, au pont de Brach. Une petite fille naît, nœud vital, cordon. Lui, musicien, tente de survivre et de continuer à jouer du piano.
Dans Le Bord du ciel, Maïca Sanconie exprime avec finesse l’entre-deux d’un artiste réduit à vivre en sourdine. La narration, focalisée sur le musicien, donne au récit une ampleur particulière, un rythme, un vrai tempo. Désarmé, désemparé par la mort qui gronde autour de lui et l’éclabousse au plus près, le pianiste garde cependant, par la grâce de son art et dans le lien qui l’unit au petit être en devenir, l’espoir de recouvrer une vie harmonieuse. Un roman vibrant d’un ton très juste.

Sophie Patois Le Français dans le monde, mai-juin 2011

Solitude. Un roman vibrant d’un ton très juste.
Jankiel a fui Paris la veille des rafles du Vel d’Hiv’, pour chercher asile dans le terroir corrézien d’où sa femme Louise, sculpteur, est originaire. Là, tout le force à se fondre et disparaître. «Homme, pianiste, polonais et juif.», il vit un quadruple dépaysement.
Juif traqué par la machine exterminatrice. Pianiste qui n’a plus que sa mémoire et quelques partitions de Mozart, Chopin, Bartok, mais s’assoit jour après jour au clavier d’un pianio miraculeusement disponible. Polonais subissant dans sa chair la torture que le nazisme inflige à l’Europe. Homme enfin sous toutes les coutures de son être en sourdine — héros et douloureux compositeur d’une sonate du dépaysement.
Les lignes qu’il trace chaque matin sur son cahier sont autant de frontières à son exil. A l’égard de Louise que la grossesse d’abord, puis brutalement la mort, lui dérobent. De leur petite fille qu’il apprivoise par la musique. Au sein du paysage qu’il sillonne frénétiquement, dont les saisons l’enlacent, le protègent ou le dénoncent. Exil enfin dans la Résistance où la violence de l’Histoire l’entraîne à tuer comme les autres, dépossédé de tout, au bord du ciel.
Le roman de Maïca Sanconie qu’offre à son pays natal, peut-être issu de sa propre mémoire, use d’une délicatesse puissante pour extraire de l’âme de son personnage une prose vibrante comme un accompagnement musical.

Luc de Goustine Royaliste, novembre 2011
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Maïca Sanconie Maïca Sanconie

Maïca Sanconie

Maïca Sanconie est née en Corrèze en 1955. Traductrice et enseignante d’anglais, elle est par ailleurs une spécialiste de la peinture noire américaine. Elle vi...

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Une écriture pleine d’émotions. Un roman à découvrir et à savourer
En 1942, Jankiel a fui Paris et l’occupant allemand pour se réfugier en Corrèze, au Pont de Brach, dans la ferme de ses beaux-parents. Pianiste renommé, Jankiel, rebaptisé Jean grâce à de faux papiers, vit mal la solitude qui lui est soudain imposée : pas vraiment à sa place dans ce monde paysan qui lui est inconnu, incapable d’aider aux travaux de la ferme tant il est maladroit, il semble hésiter sans cesse entre le passé qu’il se remémore grâce au piano installé dans la grande salle à manger et le présent représenté par sa petite fille qui vient de naître. […]
Difficile de résumer plus avant ce livre sans révéler l’histoire dans son ensemble ! D’une écriture pleine d’émotions, l’auteur nous entraîne dans les pas d’un personnage exilé géographiquement (il a toujours été citadin, habitué au bruit et au mouvement), mais aussi émotionnellement (lui qui n’a toujours pensé qu’à sa musique doit devenir un père accompli). Un personnage qui, contre toute attente, va se construire grâce à la nature qu’il va «dompter» et à sa petite fille qui lui apprendra ce que peut être la vie. Un roman à découvrir et à savourer.

Catherine Demontpion Pages d'écriture, Saint-Yrieix, 13 mai 2011

Originaire de Corrèze, Maïca Sanconie publie ici son troisième ouvrage. Porté par une langue douce et enveloppante, ce roman de l’exil et de l’absence porte malgré tout une lueur d’espoir. Il donne aussi une description à la fois fine et distanciée des paysages de la Corrèze et de la période de la fin de l’Occupation.