Danses du destin

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Michel Vittoz

Danses du destin

Il y a une voix…. Michel Vittoz structure son texte de façon spécifique, ça nous permet d’avoir énormément d’empathie avec tous les personnages… C’est une sorte de Tétris que l’on construit devant nous. Il nous parle de tension au sein d’une famille, de la guerre, de collaboration, de magouilles au sein de gouvernements… Un pur roman noir…. Bref grosse réussite et très heureux de revoir Michel Vittoz.

«J’ai tiré, il est tombé dans le caniveau. Je me souviens du bruit. Sourd. Un sac de terre sur le pavé. Je ne savais même pas qui c’était. Après je lui ai encore donné des coups de pied. La haine. Je ne croyais pas que c’était possible, haïr à ce point. Haïr un inconnu qu’on vient de tuer. Haïr un mort. Je ne sais pas combien de fois il aurait fallu que je le tue pour cesser de le haïr.
Mes coups de pied l’ont fait rouler jusqu’au bord du quai. Il est tombé dans le canal entre deux bateaux. Je l’ai vu disparaître dans l’eau noire.»

Je tue mon père sans le savoir. Tu veux comprendre pourquoi. Elle, Il devait la tuer.  Nous n’en savons pas plus. Vous non plus. Ils se demandent ce qui a bien pu se passer.

Ce Danses du destin de structure complexe est à la fois âpre et vif, rythmé, épuré mais dense, servi par une plume variée mais maîtrisée car l’auteur sait jongler avec les ambiances comme avec la narration.

Warren Bismuth Des livres rances

Grand livre du désordre humain. De la mémoire, de ses méandres. Et aussi du pouvoir de la fiction. A lire !

Céline Rothlisberger Librairie Goulard, Aix-en-Provence
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Michel Vittoz Michel Vittoz

Michel Vittoz

Michel Vittoz est l’auteur des romans Œdipe à Paname (10/18 Christian Bourgois Éditeur 1990. Point de Mire 2002). La Conversation des morts (en 7 volumes) :  L’Institut Giuliani (tome 1, Buchet Chastel), Grand Prix du...

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Hors champs, loin des sunlights, Michel Vittoz, pourtant, est au commencement de l’œuvre dramatique. Un laboureur de texte : il écrit.

Michel Vittoz : Au siècle dernier (1990), vous le savez peut-être, j’ai écrit un roman policier et, très naturellement, il est complètement tombé dans l’oubli. Trente ans plus tard, parce que je suis quelqu’un de particulièrement obstiné et têtu, j’ai eu envie de donner lui donner une suite. Il est vrai que, dans la vie, il est très rare que les oublis restent sans suite.
J’ai donc sorti mes personnages du trou dans lequel ils avaient disparu et, étrangement, cela m’a fait écrire un roman noir, beaucoup plus noir que celui que nous avons tous oublié.
Mon personnage central pourrait citer Edmond Jabès : « Ne demande pas ton chemin à qui le connaît, mais à celui qui, comme toi, le cherche.»