La Dernière Neige

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Arno Camenisch

La Dernière Neige

Après sa trilogie des Grisons, Arno Camenisch persiste et signe un impeccable traité d’ataraxie montagnarde […] L’humour, c’est bien connu, reste inexplicable. Aussi ne tenterons-nous de démonter aucun des rouages d’une mécanique qu’on pressent complexe et plus jolie dans son mystère que celle des plus fameux mouvements d’horlogerie. On se contentera de rire, sans bien toujours comprendre pourquoi, mais d’un rire libéré de la tyrannie du gag, d’une jubilation tendre et tout bonnement émerveillée, qui n’éclate jamais mais semble plutôt se répandre par capillarité, infusant le texte de la première à la dernière ligne d’un mélange savamment dosé de tranquille goguenardise et de naïveté assumée.

Yann Fastier Le Matricule des anges

Une station de ski miniature dans les alpes des Grisons suisses. 
Paul et Georg attendent les skieurs en ce début de saison poussive et tuent le temps en jouant aux cartes, pelletant le peu de neige fraîchement tombée. Cette neige qui pourrait être la dernière, car demain est incertain. Les journées s’égrènent, rythmées par le ronronnement du téléski tandis que sourd, dans les récits et discours de ces « Vladimir et Estragon en bonnet de laine », une inquiétude métaphysique face à un monde qui n’est plus le leur.

Arno Camenisch fait de La Dernière neige un texte ébouriffant et vivifiant, superbe hommage à l’épaisseur de la vie, d’un lieu et d’une culture, aux oripeaux qui en font la saveur, et lui confronte l’imminence brutale d’une modernité qui finira malheureusement par tout balayer. Mais pas sans que l’on ait emporté un morceau de tout ça avec nous avant.

Un roman drôle teinté de mélancolie sur une station alpine qui se languit de voir revenir la neige, et la prévisibilité d’une vie en fuite. Traduction virtuose de Camille Luscher.

Marco Dogliotti Le Temps
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Arno Camenisch Arno Camenisch

Arno Camenisch

Arno Camenisch est né en 1978 à Tavanasa, dans les Grisons. Il écrit de la poésie, de la prose et pour la scène, principalement en allemand, parfois dans sa la...

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Dans la précision de sa langue, par sa capacité à restituer intonations et accents, oralité et silence, une fois de plus Arno Camenisch subjugue par la simplicité panique avec laquelle passent les jours. La Dernière Neige où la brume métaphysique qui nimbe notre quotidien, ordinaire, exemplaire.

Marc Verlynde La Viduité

C’est pétri de fraternité, c’est bourré d’humour et d’histoires en tous genres […] Drôle, gouailleur, finaud et bien malin qui s’y prend, aux lèvres de ces deux camarades de la philosophie ordinaire, du brin de causette qui mine de rien sonne comme de la profondeur.

Fabien Bernier Librairie Decitre, Grenoble

Grand coup de cœur. Un roman où «sous le toit du monde» on est gagné par l’engourdissement de l’hiver […] ainsi que par une tension relative aux récits qui se font sombres au fil des pages. Brecht et Beckett ne sont pas loin […] Une sacrée réussite.

Valérie Schopp L'Arbre à mots, Rochefort

Un brin loufoques, absurdes et métaphysiques, les dialogues de ces deux résistants, paupières closes face à la catastrophe écologique en cours, collectent les souvenirs d’un passé qui menace de s’effondrer et touchent par leur justesse et leur poésie.

Pauline Librairie La Ruche, Maisons-Alfort

Paul et Georg (Vladimir et Estragon ?) qui attendent le badaud au pied des pistes incarnent un monde qui refuse de participer à la course à l’abime, où la seule urgence, en définitive, est de bien caler la peau de mouton sous ses fesses et de prendre le temps d’être là, totalement présent à ce qui se déroule sous leurs yeux.

Eric Pessan

Un duo picaresque, attendant la neige et sa horde de skieurs, disserte sur le bon vieux temps et philosophe sur un monde qui semble échapper à leur entendement, tout cela mâtiné dans une langue drolatique (le romanche). Truculences, vérités frappées de bon sens, délicieux mélange d’ironie et de candeur !

Caroline Librairie Les Traversées, Paris

Ce livre est un enchantement pur, comme la neige quand elle tombe et qu’on regarde par la fenêtre en oubliant tout, hypnotisé par l’éphémère beauté.

Aline Sirba

Par un tour de magie, Arno Camenisch parvient à insuffler dans un minuscule lopin de paysage alpin un maximum d’universel, d’humanité et de musicalité.

FAZ

Beckett en bonnet de laine au bas du tire-fesses, Arno Camenisch attend Godot […] Il raconte un monde qui disparaît et trouve pour ce faire les mots justes et des images subtiles.

Paul Jandl NZZ

Camenisch touche au cœur de nos préoccupations dans un mélodrame tragi-comique parfait. Personne ne pleure le temps qui passe avec autant de rythme et d’entrain que lui. […] Avec de plus en plus de sobriété et radicalité.

Res Strehle Tagesanzeiger

Une œuvre presque méditative, ponctuée d’illuminations de deux philosophes des Alpes, qui posent depuis leur perchoir un regard vaste sur les vallées de la réalité.

Académie allemande des Arts