Liquide

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Philippe Annocque

Liquide

On est tout surpris de voir qu’il existe encore dans notre monde littéraire tellement frileux, tellement attentif à bien rester dans les rails qui pourraient mener éventuellement à une sélection de prix ; on est tout agréablement surpris de voir qu’il y a encore des gens pour écrire des textes aussi indépendants, singuliers.

Michel Crépu Tout arrive, France Culture, 11 mai 2009

Liquide est celui qui ne s’est jamais vu rien faire d’autre que de bien remplir comme des récipients les rôles successifs imposés par la vie. Jusqu’à ce qu’enfin celle-ci déborde, dans le flux d’un récit sans personne, puis s’asséchant laisse apparaître le secret toujours tu, toujours su.

Philippe Annocque a trouvé une fluidité qui lui permet de naviguer dans les allers et retours de la mémoire, les petits tourbillons d’incertitude, les décrochements, les enchaînements qui emportent d’un chapitre à l’autre au rythme des liquides. La métaphore est souvent heureuse, souple, irisée d’ironie. Parfois, tenue trop longtemps, elle s’appesantit un peu. Mais il y a dans Liquide une musique très singulière, un détachement, le rythme hésitant, imprévisible des brindilles au fil de l’eau, et une présence sensible sous «un récit sans personne».

Isabelle Rüf Le Temps, 23 mai 2009

C’est un livre que j’ai énormément aimé. C’est un livre très court, mais qui reste longtemps. […] Un livre qui, sur la forme, m’a beaucoup impressionné parce qu’en fait Philippe Annocque n’utilise ni le je, ni le tu, ni le il. Il utilise toujours des formes impersonnelles. C’est le premier que je lis. Et ça me donne envie d’ailleurs de lire les précédents. Il y a une très belle métaphore sur le fleuve, qui est présent et absent à la fois. C’est un livre aussi sur le temps qui passe, sur la mémoire, sur l’éphémère… Un livre qui m’a beaucoup séduit.

Michel Abescat Tout arrive, France Culture
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Philippe Annocque Philippe Annocque

Philippe Annocque

Pas bien sûr d’être un, dubitatif quant à la mention « Du même auteur » qui commence à accompagner ses livres, Philippe Annocque répond cependant quand on l’appelle par ...

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La question d’identité de cet homme qui s’interroge sur qui il est réellement, ça pouvait rentrer dans les sentiers battus ; or il y a toujours une distance ironique qui déjoue, justement, la tentation du cliché. C’est là où la poésie prend pleinement corps pour parler d’une vie ordinaire. Un mariage qui part à la dérive, ce n’est pas une histoire facile à traiter de façon originale ; et pourtant Philippe Annocque s’interroge ontologiquement sur l’énonciateur absent […] il montre, à travers le processus de reconstitution d’une vie ordinaire, en quoi les souvenirs vont finalement tromper la mémoire.

Judith Mayer Tout arrive, France Culture

C’est une performance que celle de Philippe Annocque de brosser le portrait et les contours distincts d’un narrateur sans nom et sans pronom.

C’est un texte qui saisit par sa finesse et son humilité, denrées rares et d’autant plus précieuses dans notre actuel vivier littéraire…

Bénédicte Heim Livres-Addict, mai 2009

Liquide : les eaux douces amères de Philippe Annocque

Derrière cette histoire, somme toute ordinaire, rayonne l’écriture lente, limpide, adroite et surprenante de Philippe Annocque.

Jacques Josse remue.net

Les romans doivent-ils être simples ?

Alix Geysels Emplumeor

Une langue, fluide, splendide, délicieuse.

On y entre par petites touches et on y pense longtemps ensuite.

J’aime beaucoup l’usage singulier que Philippe Annocque fait du passage à la ligne, des parenthèses et de tous les signes de ponctuation dans ce beau récit où un narrateur définitivement liquide remplit comme des vases successifs les rôles de sa vie.

cgat Lignes de fuite, 21 avril 2009

Ce court roman de Philippe Annocque est sombre comme ces eaux boueuses et glacées qui charrient à la fin de l’hiver la fonte des neiges. Cette rivière ressemble à celle où Virginia Woolf est allée se noyer, les poches remplies de pierres. « Il serait possible en théorie de plonger, de sauter de se jeter dans l’eau de ce fleuve-là aussi. Autrefois, dans de belles histoires, cela a pu se passer pour la solution (au contact de l’eau, se dissoudre, se délayer, se confondre !) » […] Un roman bouleversant […] un récit magnifiquement maîtrisé où chaque mot a été amoureusement choisi pour tisser, inlassablement, l’évocation métaphorique de la vie Liquide.

Cécile Fonfreyde Actualitte.com, 14 avril 2009