La Vie pétrifiée

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Nils Trede

La Vie pétrifiée

Roman d’une folie irrésistible, à laquelle le héros assiste comme derrière une vitre, sans pouvoir ni l’arrêter ni la vaincre, La Vie pétrifiée instille dans les veines du lecteur le poison amer de la solitude imposée.

Nikola Delescluse Paludes, l'Arrache-cœur 494, 12 septembre2008,

Homme solitaire, énigmatique et hanté par le sentiment d’être « proche de tout et pourtant indiciblement loin à la fois », Xavier vit sur deux îles situées dans la même ville et y mène deux existences tout à fait dissemblables. Sur l’une, il tient un petit restaurant avec sa mère malade ; sur l’autre, poussé par des circonstances qu’il maîtrise à peine, il exerce la profession de médecin de police.
Un soir de pluie, entre dans son restaurant un couple magnifique. Fasciné, Xavier l’écoute, l’épie pour avoir, soudain, la certitude que cette fille, là, est la femme parfaite, celle avec qui partager ses idéaux d’intégrité, de simplicité et son aspiration à l’harmonie. Il n’a dès lors qu’un seul objectif : entrer dans sa vie.
D’une écriture sobre, précise et proche de l’innocence d’un Knut Hamsum, Nils Trede crée un univers tour à tour onirique et concret qui envoûte et entraîne le lecteur à la limite du fantastique. La Vie pétrifiée est son premier roman.

Où l’on découvre un personnage divisé entre la vie réelle et le fantasme. Un livre touchant et inquiétant. […] Un premier roman à l’écriture très maîtrisée que l’on peut rapprocher d’un Knut Hamsun ou de Hermann Ungar, l’auteur des Mutilés.

Isabelle Leclerc, L'Imagigraphe (Paris) Page des libraires, septembre 2008

Premier roman d’une grande maturité. L’écriture est sobre, suggérant le calme presque désespéré et l’élégance d’un personnage qui se tait, attentif à l’équilibre de chaque détail, à la consonance musicale du monde visible et invisible. La même sérénité, le même déchirement voilé rendent magique cette ville à deux îles entre lesquelles évolue le narrateur. L’étrange s’insinue imperceptiblement au fil des lignes.

Jean-Maurice de Montremy Livres-hebdo, 6 juin 2008
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Nils Trede Nils Trede

Nils Trede

Nils Trede est né le 10 mai 1966 à Heidelberg, en Allemagne. Il vit en France depuis une dizaine d’années, où il exerce la profession de médecin généralist...

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Seul au-dessous de zéro. Dans un premier roman sensible, Nils Trede suit les tribulations d’un homme menacé de geler à défaut de réussir à vivre un amour partagé.

Un premier roman fascinant, d’une grande pureté et qui fait preuve d’une grande maturité d’écrivain.

Austère et silencieux, ce roman s’impose à nous […] On retiendra de cette lecture une atmosphère suffocante, un personnage — Xavier — étrange et un peu effrayant. Un vrai roman noir.

Ce roman est envoûtant. […] L’écriture de Nils Trede crée un univers à la fois très réaliste, très concret et à la fois, très intime, porté sur les pensées irrationnelles ou non de son personnage, sur l’imagination qui joue des tours, et le comportement incontrôlé parfois… Un livre court savoureux et étonnant.

Au fur et à mesure que nous cheminons avec ce personnage qui, tout simplement, « ne supporte pas qu’on ne le laisse pas être qui il est », le roman devient plus abstrait, plus dépouillé. […] Peu à peu le récit se charge d’une dimension onirique où les éléments permutent, où la glace et le feu ne composent pas un décor où s’exprime le personnage, mais deviennent les acteurs du drame dont il est l’enjeu.
À toutes les images de la séparation, dans l’espace géographique, ponts, canaux, fleuves gelés répondent, à l’échelle humaine, celles de l’enveloppement et du dévoilement, de la protection et de la libération. […] L’écriture sobre jusqu’au minimalisme de Nils Trede construit autour de cette question une fiction poétique et émouvante, qui tranche avec bonheur sur une production désespérément conformiste.

Alain Nicolas, L'Humanité, 18 septembre 2008

La Vie pétrifiée nous plonge en un éclair dans un univers inquiétant et étonnant. Où solitude et intranquillité prennent place […] Un itinéraire, celui d’un déjanté ordinaire (riche et élégant), efficacement restitué, par petites touches et courts chapitres, par Nils Trede.

Jacques Josse remue.net

Les habitants des îles sont réputés différents alors le narrateur, Xavier, 33 ans, est doublement différent. Il vit sur deux îles, deux îles d’une même ville reliées par un pont. Deux îles, deux métiers, deux existences (« J’ai deux vies. Je n’ai pas de vie. Que des morceaux, que des restes. Tout est déchiré. »). Sur l’une, il est restaurateur en accompagnant sa mère malade et sur l’autre, il est médecin de police. Seul le pont réalise le lien entre ses deux existences.
Cet homme solitaire, entier, se sent différent et est ressenti différent par les autres. La solitude fait peur. Jusqu’au jour où rentre un couple dans son restaurant et il en est sûr, c’est elle, il l’attendait. S’il entre dans sa vie, il en certain, il entrera dans La Vie, mais cette mutation est-elle si aisée à vivre ? Emouvant portrait d’un homme dont l’existence frôle la folie et qui « se sent si proche de tout et pourtant indiciblement loin à la fois ».

Max Beuvry Librairie Vaux-livres, août 2008

Dans ce premier roman de Nils Trede, la Vie pétrifiée, le narrateur est un homme étranger au monde, angoissé par le tourbillon des êtres qui s’agitent autour de lui. […] Le lecteur suit le narrateur dans ses divagations et ses moments d’angoisse. Xavier éprouve des sensations troubles qu’il est incapable d’exprimer verbalement. Il décrit ses actions froidement, observe les autres mais demeure dans une incompréhension absolue qui étonne son entourage et le maintient plus encore à l’écart. Pas d’analyse psychologique ici. On reste en surface, à la limite du fantastique. Le rythme lent de ce court roman maintient le lecteur dans cette atmosphère onirique et oppressante.

Anne-Sophie Demonchy Le Magazine des livres, octobre-novembre 2008

Xavier, le narrateur vit dans une ville sur deux îles reliées par un pont. Sur la première il est médecin de police. Sur l’autre il est serveur dans un petit restaurant, une entreprise familiale que sa mère a tenu à conserver après la mort de son père.
Xavier, un de ces solitaires qui aperçoivent des choses qui restent inconnues aux gens sociables, qui portent en eux leurs observations et ne craignent pas le jugement des autres, confiera à sa maman : Tout m’échappe. Je ne suis pas fait pour la vie (…) Les choses s’en vont en ma présence (…) J’ai peur. Je n’arrive pas à vivre. J’ai froid (…) Je tiens à la vie. J’adore tout ce qui est beau. Mais… je me sens proche de tout et pourtant indiciblement loin à la fois.
Un soir de pluie, un jeune couple entre dans son restaurant. Il reconnaît la jeune femme, il la connaît depuis longtemps, c’est elle qu’il attend depuis toujours, dont il rêve toutes les nuits, celle qu’il désire ardemment rencontrer. Le couple échange des paroles pleines de douceur et de vérité. Et lui, moche, ventre gros et bras courts, mains grosses et moites, le regard d’un caniche, se dit que jamais il n’aura une fille pareille. Il en ressent amertume et injustice. Mais il se fixe un objectif : entrer dans sa vie. Et pour ce faire il va déployer d’habiles stratagèmes.
Un premier roman étrange qui flirte avec le fantastique, à l’écriture sobre et précise, écrit en français par un médecin généraliste, né en 1966 en Allemagne, qui exerce depuis une dizaine d’années dans un cabinet de l’est parisien.

Librairie Le Scribe, Montauban, octobre 2008

Voilà un roman déroutant, qui met en scène un personnage étrange et taciturne, un homme solitaire et sans repères autres que géographiques : il est de ces deux îles, qui rythment son emploi du temps et sa vie, les ponts lui permettant de se glisser de l’une à l’autre de ses activités sans jamais changer de personnalité […] Et comme la narration est effectuée à la première personne, le lecteur est contraint de suivre les raisonnements et les pensées de cet homme déconcertant, ce qui instille un sentiment d’étrangeté qui se double bien vite d’un indéfinissable sentiment d’angoisse, tant on se doute que le comportement de Xavier et sa fixation sur la jeune femme du restaurant ne peuvent qu’entraîner des conséquences pour le moins désastreuses. Cette angoisse diffuse est renforcée par la vision de la ville (que le lecteur devine bien vite être Paris mais qui est décrite de manière fragmentée et biaisée, car Xavier n’en voit que des détails et parle de son quartier comme le ferait un enfant : “le boulevard, la cathédrale, la fontaine” en sont autant de repères immuables pour lui), intemporelle et glacée (l’hiver est long, le fleuve gèle, les gens ne sortent plus, les casseurs s’emparent de la cité). C’est un premier roman subtilement étrange et attachant, à l’image de Xavier, que j’ai pour ma part beaucoup aimé et dont le rythme et le style, lancinants comme une mélopée, hantent le lecteur même quand il l’a refermé.

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